Beignet surprise

Beignet surprise…
Mon Gramp’ me racontait volontiers des histoires de quand il était petit et je l’écoutais, fascinée par ses clins d’œil et ses fossettes et transportée par la gamme d’émotions que ses récits suscitaient en moi.

Il adorait les beignets aux pommes. Or… un jour… sa mère et ses sœurs – il en avait sept, de sœurs, seul fils en sixième position au milieu de cette tripotée de filles – la gente féminine qui formait sa famille la plus proche, donc, décide de lui faire une surprise d’un genre un peu particulier.

Sa maman apporte pour le dessert la montagne de beignets dorés qu’elle vient de préparer. Sur le dessus trône le plus énooooorme que mon grand-père ait jamais vu. Il s’écrie : « Oh, Maman, Maman, donnez-moi celui-là, s’il vous plaît ! – Je m’y attendais, penses-tu, et il est bien pour toi, ce gros beignet-là, gros benêt que tu es !  » répond la mère en plaçant la pâtisserie convoitée dans l’assiette tendue, puis en servant aussitôt ses filles.

Mon grand-père s’empare à deux mains de son formidable beignet, le couve d’un regard émerveillé et, sous les yeux attentifs de toute la tablée, croque à pleines dents dans la pâte…
… qui s’avère receler…
… un mol écheveau de ficelle !

Cascade de rires ravis et moqueurs.
Il en est fort marri, d’autant que tout le monde étant servi il ne reste plus un seul gâteau dans le plat.
« Dis, Gramp’, raconte-moi encore l’énorme beignet ! »

Mon grand-père me la redisait souvent, cette histoire, je le revois encore qui se gondolait à ce souvenir. Et moi ? Eh bien moi je ne trouvais pas ça drôle du tout, j’étais absolument indignée que sa maman ait fait tout ça exprès pour qu’on se moque de lui. Même si c’était pour lui donner une bonne leçon je n’en revenais pas qu’une maman put faire un coup pareil à son enfant.

« Et tes soeurs, alors ? enfin Gramp’, tout de même, pas une seule de toutes tes soeurs n’a voulu partager son beignet avec toi ? – Eh non, pas une seule, répondait-il en rigolant. Ah, elles étaient rosses, tu sais ! »

C’était peut-être cette chute invariable qui me sidérait le plus dans l’histoire.
Et, voyant la tête que je faisais, mon Gramp’ riait de plus belle !

 

 

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