Perles choisies

Perles choisies…

Quand une mère attentionnée arrête le jour de son propre anniversaire pour offrir les siennes à sa fille aînée et choyée :

« C’est vrai, pourquoi attendre plutôt que te les donner tout de suite ?
Je ne les porte plus, je sais que tu les aimes, autant que tu en profites dès maintenant.
Mais je te préviens, ma chérie, tu n’auras rien pour ta prochaine dizaine ! » 

C’est d’âge qu’elle parlait et non de rang.
De perles.
Aînée je suis née, aînée je resterai.

Chaque perle d’une tiédeur d’orient, tendre comme un baiser plus rare qu’une larme, ronde et douce et si lumineuse, chaque perle recèle en son sein nacré l’infime grain de sable qui l’a fait naître pour calmer l’irritation dans la chair de l’huître induite.

L’expression latine, margaritas ante porcos, signifie « des perles aux cochons ».
Souvent on l’employait à la maison.

Et son pendant  – comme les truies que l’on pend –  consistait à affirmer que l’on ferait pourtant quelque chose de nous… si les petits cochons ne nous mangeaient pas.

Vaste expectative.

Et puis il y avait cette histoire – horrible – des nouveaux-nés qu’on leur offrait en pitance et en Chine sur le tas d’immondices s’ils avaient le malheur de naître filles.

Est-ce un malheur, vraiment, de naître fille ?

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