La raison de mon silence

La raison de mon silence…

Avec un souvenir d’enfance dédié.

Histoire de cornichon. J’adoOore les cornichons. Molossol ou molotov.

Tiens, la voix cassée à dix ans déjà ? Voici-voilà…

Un visuel un peu galvaudé, de ceux qu’on récupère ici ou là, énonce sentencieusement :

Dans la vie, fais confiance aux personnes qui savent voir ces trois choses : ta peine derrière ton sourire, ton amour malgré ta colère, et les raisons de ton silence.

Va pour les deux premières données. Mais la raison de mon silence ?

Une des seules fois où cela s’est produit, j’avais une dizaine d’années.

Nous nous étions arrêtés sur la route de Vevey, pour déjeuner dans un bon restaurant, « un restaurant élégant » avaient dit les parents pour nous mettre en condition de correctement nous tenir. Mais nous étions si bien élevées. Fallait-il toujours nous le rappeler ? La suite prouvera que oui, certainement.

Nous avait été servie en entrée une appétissante assiette de charcuteries locales, saucisson de pays, jambon fumé et viande des Grisons, garnis de pickles dont un superbe cornichon molossol très tentant que j’avais cru pouvoir immédiatement subtiliser ni vu ni connu pour l’enfourner d’un bloc.

Hélas ce n’était pas un cornichon molossol. Un cornichon, ça oui, mais terriblement salé et affreusement piquant.

J’avais été à ce point surprise qu’un hoquet l’avait coincé dans les grandes largeurs.

… coincé, mais vraiment coincé.

J’en avais le souffle coupé, littéralement, sachant très bien de surcroît que c’était drôlement impoli de ma part de m’être ainsi comportée, telle une petite gourde complètement inconsciente (mais pas encore évanouie).

Alertées par mon silence aussi soudain qu’inhabituel – nous y voilà – les grandes personnes se tournent vers moi qui, les mains autour du cou, suis à deux doigts de suffoquer.

Un regard suffit à Papa pour prendre la mesure de mon inconfort. Du plat de la main il m’assène une bonne claque… non sur la joue mais dans le dos, ce qui déloge de mon gosier ce foutu cornichon qu’une deuxième claque tout aussi forte fait jaillir de mon bec pour l’envoyer, parfaitement intact, se planter pile à l’endroit d’où il venait : entre deux tranches de saucisson ébahies.

Et, le croirez-vous, après une belle quinte de toux, j’ai aussitôt retrouvé l’usage de la parole pour croasser, la voix cassée : Ah la la, je crois bien que je me suis… vraiment, mais vraiment étrangléééée !!!

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