Je vais me faire des ennemis…

Oui, je vais me faire des ennemis tant oser critiquer si souvent mal est perçu.
Non que je critique si souvent.
C’est critiquer qui est souvent si mal perçu.

Je joue sur les mots ?
Oh… si peu.

Bref.
Comment ça, bref ? D’entrée de jeu ?
Oui, je sais, je charrie.
Voyons, on ne dit pas je charrie.
Pardon, je suis vraiment xagère.

Bravant par avance l’agacement voire les foudres de ceux que je risque de contrarier, je commets cependant ce billet.

Il en va des coutumes à table comme de bien d’autres bases du comportement qu’il est souhaitable de respecter en société.

Question d’éducation, assurément. Éducation française, précisons-le. Dans d’autres pays tout cela peut varier. Et dans certains milieux. Car dans d’autres on s’en fout, complètement.

Moi, j’ai été élevée à coups de « tiens-toi droite » et à coups de manche de couteau cinglant les coudes lorsque ceux-ci s’enhardissaient à se poser sur la table. Pourtant les grandes personnes le faisaient, je l’avais remarqué, mais à elles jamais de remarque.
Deux poids et deux mesures, on apprend vite à les compter. La logique ? mais quelle logique ? La loi du plus puissant, assurément.
Enfants admises à partager le repas des adultes, nous étions priées de correctement nous tenir… à croire que l’on attendait de nous que nous donnions le bon exemple.
Donation ? Pardon ? Oui, donnassions, bien sûr – je sais encore écrire, merci. Oooooh… ça suffit les interférences, pourrais-je deux secondes avoir la paix ? Mais non, je ne m’énerve pas. Pourquoi ?

Bref.
Cela me permettait d’écouter les conversation et méritait bien de m’attacher, serré, et très appliquée, à observer les unes et les autres. Je parle des bonnes manières et des discussions animées.

Mais c’est une autre histoire, toute mon histoire en fait.

Autres temps, autres époques… autres mœurs.
Nul n’en meurt.

Il reste que souvent je suis vraiment, mais alors vraiment choquée de la façon de se tenir à table du vulgum pecus.

L’autre jour, pour une étape rapide et non gastronomique, nous déjeunons dans un restaurant « buffet à volonté ».
À ma gauche une personne porte les aliments à sa bouche avec son couteau et ne se gêne pas pour le lécher copieusement.
À ma droite une autre pose ses couverts de part et d’autre de son assiette, à cheval entre la table et ladite assiette. J’ai toujours dit à mes fils : « ah non, je vous en prie, ne les placez pas ainsi, on dirait une femme assise les jambes écartées ». Ce qui les faisait exploser. De rire bien sûr.
Pire que tout, une troisième en face de moi utilise sa fourchette pour extirper un truc coincé entre deux de ses molaires. Je réprime un haut-le cœur et bien vite regarde ailleurs.
Partout autour de moi les gens parlent la bouche pleine, certains mâchent comme le font les chevaux. D’autres, si nombreux que c’en est confondant, coudes à table et même tout le bras, main pendante lâchée contre l’estomac, se penchent à tremper le nez dans leur assiette au lieu de droits se tenir et monter le contenu de leur fourchette à hauteur de leur bouche.
Il s’en trouve pour piquer sur la pointe de leur couteau – oh oui, ça arrive souvent – un morceau trop gros pour être directement emboqué : ils croquent alors directement dedans, sans l’avoir préalablement découpé dans leur assiette.
D’autres encore, avant de boire, omettent d’essuyer leur bouche avec leur serviette – à toujours tenir à deux mains, la serviette ! … pourquoi ? c’est comme ça, un point c’est tout, de même qu’on se tient droit, et voilà tout – ainsi ils laissent des traces grasses sur le bord de leur verre mais ne semblent pas s’en soucier.
Visions d’horreur.

Puisque j’en suis à fustiger, je n’oublierai pas de mentionner ceux qui se servent d’une façon inconsidérée. Compte tenu de la circonférence de leur bedaine, ils font mentir le dicton, quand si souvent leurs yeux porcins sont bien plus petits. Ils laissent la moitié du contenu de leur assiette pour aller s’en emplir une autre dans les mêmes conditions.
Servez-vous modestement puis resservez-vous si vous vous êtes régalés, ai-je envie de dire.
C’est effrayant, cette peur de manquer, dans notre civilisation où précisément nous ne manquons de rien. Perfectionniste je suis, j’aime faire et refaire pour optimiser l’existant, refaire le monde parfois, jamais je ne referai leur éducation. Je me refrène et me contiens, et me concentre sur le contenu de la mienne, d’assiette.

Et la conversation ? On en parle ? Oh, non. Passons, passons, et qu’il ne soit pas question d’ange.

Sûrement je suis snob. Oui, quand sur les apparences et les attitudes je juge. Ppppppô bien. Je l’admets. Qu’on m’attrape et me juge à mon tour. Hâtivement. Qu’on me fouette, comme on monte une crème de larmes. Et que l’on me jette, comme toute cette nourriture gâchée.
Sans plus attendre et sans autre forme de procès, d’intention.
Sans doute l’aurai-je bien mérité.

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