Psychopoucettage

Étranges courts-circuits du cœur et des réflexes.

Le fil de mes pensées défile, le flux afflue, sac et ressac, ça fuse et ça profuse et puis ça tourne en rond en se cognant aux angles, imprenable vue de l’esprit sur d’improbables projections géométriques.

Mais je m’active, je m’active, faut pas croire que je vagalâme.  Je vaque très sérieusement t’à mes ancillaires z’occupations comme le veut l’expression ô combien consacrée.
Tout est bordé, tout est rangé, une place pour chaque chose, chaque chose à sa place, je peux donc me poser.

Et d’ailleurs elle est où, la touche pause-gamberge ?

Or voilà que je m’apprête à envoyer un sms. Je m’empare de mon téléphone. Il est tout nouveau, plutôt sophistiqué, il y a encore plein, plein de trucs que je ne sais pas faire avec, mais chaque chose en son temps.
Vous allez voir, ça va venir très vite, m’a indiqué le vendeur avec un grand sourire, ne vous inquiétez pas.
J’avoue, je ne résiste pas quand on me dit cela, c’est fou ce que ça me rassure.

Bref – j’adore ce mot.

Appliquée comme toujours, oh oui, toujours très appliquée – c’est tout juste si je ne sors pas un bout de langue, ridicule peut-être mais qui cela gêne-t-il, je vous le demande un peu – je tape… aïe, non… je saisis… non, pas davantage… oui voilà, je poucette puisque c’est le terme qui s’applique, oui oui, et pour une appliquée c’est idéal, je poucette quelques lettres dans le champ destinataire.

Et alors là…
Gosh, as we used to say, which just means: ça alors !
Alors là, ma surprise est immense.
Intense, à tout le moins.

Dans ce champ je vois pousser un nom.
Papa.

C’est d’autant plus étonnant que ça n’est pas mon téléphone qui l’a fait naître.
Notre père n’avait ni mobile ni tablette ni ordi, en conséquence jamais je n’ai inscrit son nom dans un quelconque champ, sinon celui de ma mémoire en friche.

Écriture automatique, phénomène encore mal connu, ou psychopoucettage ?

Contre vents et marée, qu’importe le canal emprunté, les pensées vont à leur gré et parviennent à destination… destinée d’une bouteille à la mer ?

I wish you were here!

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