« Descendre » au marché

Samedi matin c’est jour de grand marché dans ma petite ville de proche-province.
Notre maison fait l’angle des deux places, les deux façades surplombent la scène, nous sommes aux premières loges.

Les exposants s’installent.
Cinq heures du mat’, j’ai des frissons, les volets claquent et je monte le son (y’avait aussi Il est cinq heures, Paris s’éveille, je sais, je sais, mais je préfère le tempo de Chacun fait c’qui lui plaît, tout premier rapp français interprété par le groupe Chagrin d’amour – modulo le chagrin, évidemment).

Mon namoureux et moi roupillons bien au chaud sous la couette conjugale pendant qu’ils s’activent sous nos fenêtres, je parle des exposants.

J’ouvre l’œil, mais ne bouge pas d’un cil. Une pensée, qui n’est pas que furtive, pour eux lorsqu’il tombe des cordes ou quand l’hiver ça caille à leur geler les miches. Et les jours de grand vent, aussi, quand les toiles se gonflent et menacent de s’envoler.

Aujourd’hui c’est presque le printemps, on le perçoit même par cet air grisouille, l’ambiance est plus animée.
Bruits de ferraille, structures métalliques depuis le camion au sol jetées.
Les caisses et cageots, même en plastique, sur l’asphalte résonnent.
Quelle que soit la saison la poissonnière a une voix tonitruante et un rire de sorcière, de gentille sorcière : on n’entend qu’elle sur fond de brouhaha collectif. Elle chante aussi, quand ça lui prend. Un personnage, celle-là, adorable au demeurant.

Je me rendors, tranquille.
Les bruits du marché ne me gênent pas. Toujours je le leur confirme, à ces commerçants qu’on appelle « non sédentaires », lorsque gentiment ils s’en enquièrent. C’est le week-end, eux travaillent, moi pas.

Dès huit heures les premiers chalands matinaux font leur apparition, le brouhaha s’intensifie, il est temps de se lever.

D’ailleurs j’ai faim. J’ai faim. J’ai toujours faim quand je m’éveille… mais un petit coucoup du matin, nonchalant ou pressé, je n’ai rien contre ni même tout contre.

Huit heures et demie, neuf heures si paresse ou passion font qu’on s’attarde au lit.

Mais quelle douce et bien grasse matinée, les amis, quand toute la semaine notre réveil sonne à cinq heures et demie !
Sans urgence je me lève et je flâne.
Ni horaire ni programme à respecter, nul besoin de se presser.
J’ai tout mon temps.

Tout à l’heure seulement nous « descendrons » au marché.

 

2 réflexions sur “« Descendre » au marché

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