Écrit-on comme on aime ?

J’aime écrire.

Ecrire à la main, enfin, au stylo.
Gratter le papier d’une plume inspirée.
J’écris rapidement, j’écris facilement.
Mon écriture est nette, affirmée, parfaitement lisible.
On la juge élégante.
J’aime sur ce support suivre le trait cursif qui dessine des lettres qui s’envolent et s’attachent pour former des mots qui surgissent et s’allient comme s’enroulent autour de la ligne bien droite les phrases qui s’enchaînent et ce dessin linéaire prend un sens.

Un texte se crée.

Ce plaisir presque oublié d’utiliser un stylo à encre qu’on retrouve un peu par hasard au fond d’un tiroir. Cette sensation bien différente de celle qu’on éprouve en maniant un crayon ou un feutre.
Le bruissement de la plume qui court sur le papier et fait apparaître les lettres et puis les mots à mesure qu’on les trace, avec bien sûr le risque – d’autant plus réel qu’on en a perdu l’habitude – de laisser ici ou là passer une faute (on ne parle pas de coquille puisqu’il ne s’agit pas d’un texte imprimé).
L’inévitable retour des ratures, des lignes qui manquent de régularité (fi des traits bien tracés, fini le temps des cahiers à carreaux).
Et la feuille blanche peu à peu se remplit.

Un écrit est produit.

C’est plus laborieux qu’un exercice au clavier mais ne fait sans doute pas appel aux mêmes régions du cerveau.
Des études sur le sujet ? À creuser…

À la main j’écris de moins en moins.
Je rédige direct en touches où mes doigts font merveille.
Je tape à toute vitesse. Le nez en l’air j’amuse mes interlocuteurs en leur parlant tout en poursuivant ma saisie.
À la présentation j’attache de l’importance, respect des règles de typo, d’orthographe, de grammaire et de ponctuation.
Souci de perfection, la forme et puis le fond.

Page après page, un document se construit.

Et puis vient le mobile.
C’est tellement facile.
Le temps de dégainer, je poucette ou je dicte.
Ce device remplace le carnet moleskine et l’ordi, c’est du multiple en un, et surtout, surtout, il permet le partage – partage instantané.

Un message s’envole.

Écrire c’est comme dessiner, trait sans cesse lancé jusqu’à trouver la plus juste expression des sentiments que l’on espère faire ressentir à qui les appréciera.
Dans toute démarche l’émotion m’intéresse : je la recherche et j’observe les sensations induites pour mieux les savourer.
Sentiments, sensations, émotions.
Les mots dansent, filent, s’associent ou s’esquivent ; les lettres se bousculent, pressées de les rattraper pour jouer à jonglemoter.
Il m’arrive d’en laisser s’échapper, toujours elles reviennent au foyer.

Du sujet initial, l’écriture à la main, je me suis éloignée sans produire un véritable hors-sujet.
La question est posée : et vous qui me lisez, vous écrivez, vous tapez, vous poucettez ou vous dictez ?

 

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