Musicales explorations

Musicales explorations

Souvenir de ces étés craquants de chaleur à Lannemartin aux tout débuts des années 70 où, dans les deux chambres du grenier, sous les ardoises brûlantes, nous tentions d’établir un mince courant d’air entre les étroits vasistas grands ouverts.
Le parquet exhalait des senteurs sèches et boisées.
Nous pouvions mettre la musique à fond, personne ne s’en souciait.

Le grenier à foin à cette époque en était toujours un.
On y accédait par le jardin à l’arrière. C’était un petit bâtiment extérieur adossé à la maison, sous lequel s’étendait cette pièce qu’on appelait la cave alors qu’elle servait de souillarde puisque la cuisine y donnait directement.
Nous appuyions une échelle contre le mur pour grimper jusqu’à la vieille porte de bois – vermoulue évidemment, toutes les vieilles portes de bois ne le sont-elles pas ?
Selon l’avancement des saisons et le degré d’humidité ambiante, il arrivait qu’il faille tirer très fort et par à-coups pour parvenir à l’ouvrir. Elle y daignait à contrecœur et en râââclant tout ce qu’elle pouvait, et moi que saisissait le vertige dès le troisième barreau de l’échelle passé, j’avais toujours peur de me casser la figure à la renverse s’il lui prenait la lubie de s’ouvrir trop brusquement.
C’était vraiment histoire de montrer que j’étais capable de surmonter mon vertige et de faire entendre raison à cette foutue porte car il ne se trouvait dans ce grenier rien d’intéressant à part du foin et une quantité impressionnante et très repoussante de toiles d’araignées lourdes de poussière accumulée.
Encore quelques années et, à l’issue d’une nouvelle vague de travaux, cette dépendance serait dotée d’un escalier de pierre et aménagée en agréable pièce à vivre pour nous, les filles. Elle conserverait son nom de grenier à foin, bien que munie d’une télévision et d’un équipement hi-fi digne de ce nom.
Pièce à loisirs, pièces à fous-rires, pièce à mentir, et quand ce temps-là serait venu qui n’allait pas tarder, pièce à dormir tous ensemble à l’issue des soirées dansantes qui s’organiseraient, nombreuses, à l’avance programmées ou bien plus souvent impromptues.

En attendant aussi patiemment que possible de grandir un peu, dans nos deux chambres du grenier de la maison principale, au deuxième étage, Guillemette et moi étions relativement tranquilles.

Crosby, Stills, Nash & Young, c’était elle qui les avait découverts.
Nous les écoutions, non sur la platine du gros combiné Schaub-Lorenz familial qui trônait en bas dans la salle à manger d’été, pick-up que nous utilisions pour y passer les disques des parents, mais sur des cassettes, des k7 que nous glissions dans nos petits magnétophones Philips. Chacune dotée du nôtre, nous les trimbalions partout avec nous, de la maison à la pension.

Je me la rappelle écoutant Our House avec des yeux brillants fixés sur l’avenir qu’elle s’imaginait…

Our house is a very, very, very fine house with two cats in the yard
Life used to be so hard
Now everything is easy ’cause of you
And our la, la, la, la, la, la, la, la, la

I’ll light the fire while you place the flowers in the vase that you bought today

Elle reprenait le refrain à tue-tête, et moi avec elle.
Et, toujours, elle disait : « Tu vois, plus tard, je me vois très-très bien dans une maison de ce style. »
Et, moi aussi, bien sûr, je l’y voyais très-très bien. Plus tard.

Idem avec Genesis, Supertramp, Queen.
Oh, Queen, je me rappelle, Guillemette allait les trouver… rafraîchissants ! « Maizenfin, je t’assure, Bohemian Rhapsody me procure une impression… rafraîchissante, oui, rafraîchissante, il n’y a pas d’autre mot ! »
Moi, aux tout débuts des Seventies, j’étais Gilbert O´Sullivan à fond. Et puis Beatles, évidemment.
Forcément.
J’ai appris à parler anglais en traduisant les Beatles. En Suède. Mais c’est une autre histoire, toute mon histoire en fait.

Pour certains de ces groupes ou chanteurs, c’était notre musique à nous, pas celle des parents. D’autres, ils nous les avaient transmis, et c’est un héritage précieux que l’apport musical familial. Au final, souvent accords et désaccords se mélangeaient car ils nous faisaient partager leurs découvertes et s’intéressaient aux nôtres.
Je ne vais pas ici en faire la liste.
Pink Floyd à lui tout seul mérite un focus spécial…

Toutes les deux nous grandissions.
Nous commencions de conserve (pas encore de concert) nos propres explorations.
Musicales entre autres.

Cliquer ici : Our house – Crosby, Stills, Nash & Young

 

 

[Credit image : Pixabay]

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