Lire

J’adore les livres, et les bibliothèques presque autant.
Contenant, contenu, évidente mise en abyme mentale.

Les livres envahissent ma maison, ils prennent leurs aises dans chaque pièce, s’arrogeant pour le moins un ou deux rayonnages dans tout type de meubles.

J’ai conservé quelques livres de mon enfance, certains même viennent de celle de mes parents. J’ai gardé ceux dont la lecture suscita en moi, oh, toute jeune déjà, puis adolescente, des émotions si vives qu’aujourd’hui je me les rappelle avec une intensité qui jamais ne s’est affadie.
J’aime les relire de temps à autre et retrouver, comme de fidèles amies toujours ô combien présentes, ces émotions familières.

Au fil des ans j’ai hérité les bouquins de mes beaux-parents, ceux de mon père, ceux de proches qui m’étaient chers.
Pour faire cohabiter tout ce monde-là, il fallut faire des tris sévères.

Or, choisir c’est exclure.
Certaines décisions furent des déchirements, autant d’autodafés virtuels.

Entre des éditions d’époques différentes souvent j’hésitais, touchée bien sûr de retrouver ces ouvrages en triple, souvent quadruple exemplaire.
Et puis parfois des perles…
Et des reliures anciennes.
Fragrance des pages à l’encre passée, vertige des papiers marbrés, langueur des cuirs et des peaux tannées.

Autre casse-tête classique : comment ranger les livres ? par taille ou par collection ? par auteur ? par couleur ?
Indécision, indécision, quand tu m’étreins !
Quand j’ai tout réorganisé, j’aimerais parfois, d’un clic retour-arrière, revenir à la disposition préalable. Hélas, dans la vraie vie, ce type de clic n’est pas opérationnel.

Mais c’est une autre histoire, toute mon histoire en fait.
Parlons décoration.

J’aime dans une bibliothèque associer livres et bibelots choisis, colliers ou bracelets.
J’en place ici ou là quelques-uns comme on fait des tableaux, formant ainsi une mosaïque plaisante à l’œil.
Par endroit je les empile, rangement horizontal qui tranche sur le reste.

Jamais au grand jamais le pratique ne le supplante à l’esthétique, sur ce plan-là aussi j’ai des exigences que je ne sacrifierai pas sur l’autel de la simplicité.

Mon coin lecture ?

Longtemps j’ai aimé dévorer mes bouquins jusque tard dans la nuit, affalée sur mon lit, à plat ventre sur mes coudes en appui, les pieds en rythme alterné ramenés vers mes fesses charnues puis vivement rabattus sur le matelas, à en faire grincer les ressorts.
Las, l’état de mes trapèzes ne me le permet plus… je vieillis, mes amis.

Dans mon canapé j’aime désormais me lover, sur mes coussins adossée, souvent même allongée, gambettes en l’air parfaitement tendues – mais oui, cette laxité de toujours, je crois, je l’ai gardée.
Ou encore accoudée, jambes pliées ramenées sur le côté.
Mais il faut alterner et changer de côté avant la crampe installée.

La lecture, comme bien d’autres pratiques, quel qu’en soit le sujet, s’apprécie d’autant plus si l’on varie les positions !

img_2311-1

[Credit images : Pixabay]

2 réflexions sur “Lire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s