Progrès à calculer

Vide impossible à combler malgré ce dont je remplis ma vie.

Je comptais avec toi, nous comptions l’une sur l’autre.
Je compte encore sur toi, je compte sur mes doigts.
On m’a dit ça passera, on m’a dit dix-huit mois, on m’a dit deux-trois ans, on m’a dit trois-quatre ans, on m’a dit tu sais il te faudra au moins cinq ans si ce n’est plus encore.
On m’a dit n’importe quoi.
Toute ma vie n’y suffira pas.

Et le temps passe.
J’ajoute ce qui m’anime, retranche ce qui me blesse, en fin de compte et sans l’avoir calculé j’arrive au seul résultat qui compte pour moi : je vois que ça ne passe pas.
Mais, tout bien pris en compte, je ne compte pas me passer de toi.

Impair, impasse et manque.
J’ai rien misé, j’ai rien gagné.
Rien visé non plus, c’eût été mal avisé.
Je ne calcule pas, moi.

Les souvenirs s’additionnent, les émotions s’en trouvent multipliées, les racines carrément ressurgissent et l’intégrale défile comme les fonctions dérivent, c’est complexe mais au total je me fiche du résultat, comme toi qui détestais te prendre la tête.

Je suis seule à présent pour jouer notre pièce entre toutes préférée, que de concert et sans nous concerter à chaque occasion nous appelions, celle qui s’appelle « Tu t’rappelles ? »
Je jonglemote et seule je rigole.
Ça console.

Et le temps passe.
Le manque ne passe pas.
Tout le temps, tout le temps je pense à toi.
Tout ce temps qu’il me reste, je ne compte pas m’en passer, de penser à toi.
Il m’en reste, du temps, pour être heureuse pour deux.

Déjà je ne pleure plus quand je pense à toi.
Enfin, presque plus.
Les souvenirs des jours heureux reviennent, plus nombreux.
Ils comptent triple, ceux-là que je ne ne décompte pas.
Le rire s’étale au large, il reprend toute sa place et ses échos joyeux couvrent ceux des sanglots.

Déjà je ne pleure plus quand je parle de toi.
J’y arrive même de mieux en mieux.
Mon cœur et ma voix tremblent, l’eau de mes yeux se trouble encore parfois, mais je peux parler de toi, je veux parler de toi.

Et ne compte pas m’arrêter là.

Heureuse, j’ai retrouvé l’envie de l’être.
Je ne me dédirai pas : l’être pour deux, je te l’avais promis.
L’être pour deux me donne de l’énergie, stimule mon appétit, élargit mon horizon.
L’être pour deux ranime la puissance de mon potentiel, ce très haut potentiel de bonheur que toutes deux nous partagions. Forcément.
Cette radieuse disposition, conditionnée, découragée et bientôt résignée, toi tu l’as négligée puis oubliée, moi je compte bien l’exploiter et l’optimiser.

Heureuse pour deux, j’ai encore du temps pour l’être, j’ai mis du temps à l’admettre, mais je le veux et je le peux.
Je saurai trouver comment – en canalisant ce qui bouillonne, jaillit et déborde.
Écrire, c’est un début. Communiquer, interagir en est la suite logique.

Et c’est une autre histoire, plusieurs histoires en fait.

Il est où, le progrès ? Le progrès, il est là.

[Credit image : Pixabay]

3 réflexions sur “Progrès à calculer

  1. Oui, il est là le progrès . On continue la route où les Ames familières nous accompagnent en envoyant quelques fois des messagers ailés comme le vol joyeux d’ un ou deux papillons , pour confirmer qu’ils sont bien là à nos côtés . J’aime ces petits coucous furtifs qui font tout chaud et tout doux juste là au creux du coeur et qui avec le temps prennent peu à peu la place du chagrin . bizzz

    Aimé par 1 personne

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