Les ressources nécessaires

Le changement me terrifie.
Je ne suis jamais tout à fait sûre d’avoir les capacités requises pour suivre.
Une modification, même insignifiante, dans mes habitudes me perturbe.
Et puis l’incertitude, la rongeante incertitude quant à ce qui sera. Ou pas.
Angoissée je suis, angoissée je resterai, ça ne risque pas de changer.
Ça au moins, j’en suis sûre. Sûre et certaine.

« Comme tous les êtres doués d’une grande mobilité mentale, j’éprouve un amour organique et fatal pour la fixité. Je déteste les nouvelles habitudes et les endroits inconnus. »
— Fernando Pessoa, Le Livre de l’Intranquillité, 1982

J’arrive pourtant à un moment de ma vie, un tournant peut-être, où l’expérience et le recul me permettent de savoir que j’ai en moi les ressources nécessaires pour m’adapter au changement.
Aux changements.
Même les plus difficiles et les plus douloureux.
Même les plus effrayants.
Même les plus désolants.
Même ceux qui sont et resteront du domaine de l’indicible.
Tant bien que mal, et plutôt bien que mal, au fond, j’y arrive.
Enfin, pour autant que j’y parvienne réellement, à cette destination-là. Long, si long chemin dont l’issue reste floue, question de point de vue, de perspectives aussi.
Pas si pressée non plus, je sais qu’une fois rendue ce sera la fin des fins, celle qui se mange sans faim.

Or, j’ai encore faim. J’ai toujours faim, moi.
Pourtant je sais faire le distingo entre la faim et l’envie de manger.
Envie ? Envie, tout le temps aussi. Insatiable, dit-il.
Mais c’est une autre histoire, toute mon histoire en fait.

Je disais donc et je ne crains pas de le répéter – méthode Coué, vous savez ? – que j’ai en moi les ressources nécessaires pour m’adapter au changement.
Il n’est que de me laisser m’en convaincre.

Qui dit ressources dit énergie.
M’adapter, surtout au changement, brûle beaucoup d’énergie.
L’angoisse est un robinet grand ouvert qui laisse couler, s’écouler et filer cette précieuse énergie, dont mes réserves très vite s’épuisent.

Aussi ai-je besoin de le faire très-très souvent, le plein d’énergie… le plein des sens, quoi.

Heureusement, les stations des sens, il n’en manque pas.
Il n’est que de regarder tout autour de moi – de façon peut-être sélective mais, précisément, c’est un choix – et de porter mon attention aux bons endroits, à tout ce qui, bien plus que la peine, en vaut le bonheur.

Tout ce qui procure des émotions bénéfiques et bienfaisantes.
Un rien m’émerveille et m’enchante, alors quand c’est beaucoup, c’est un tout.
Un point c’est tout.

 

[Credit image : Pixabay]

 

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