Les surnoms que l’on me donne

Dans la série des surnoms incongrus, c’est marrant, j’avais complètement oublié ça, et ça m’est revenu à ce qui me sert d’esprit il y a quelques jours, au détour d’une question posée alors que je ne m’y attendais pas : aviez-vous / avez-vous des surnoms ?
C’est très surprenant de remarquer, toujours, comme un souvenir peut en amener un autre – ou en cacher plein d’autres, d’ailleurs.
Enfin, c’est pareil.
Et quand on en attrape un, ça défile comme filent les idées.

Bref.

Quand j’étais petite, dans la famille de ma maman chez qui j’étais tout le temps fourrée, au point que l’expression treize à la douzaine, je croyais qu’elle avait été inventée pour moi, mais c’est une autre histoire, toute mon histoire en fait, eh bien, pour me narguer, mais c’était affectueux aussi, mes tout jeunes oncles et tantes m’appelaient Doudoune, et moi j’avais horreur de ça, mais vraiment horreur, et vous savez pourquoi,  parce qu’à cette époque-là, quand j’étais petite, hein, je ne parle pas de l’ancien temps non plus, les doudounes n’étaient pas ces tenues rembourrées que l’on porte aujourd’hui pendant les saisons froides ou bien aux sports d’hiver, non, non, pas du tout, c’étaient… ben, les poitrines, quoi, mais je ne suis pas sûre qu’on utilise encore ce mot de nos jours dans ce sens-là, en tout cas à l’époque on pouvait très bien dire d’une nana, avec le geste approprié des mains qui ondulent de façon suggestive, qu’elle se trimbalait « de d’ces » doudounes, carrément impressionnantes, mais moi justement j’étais petite alors des doudounes, c’est bien malin, je n’en avais même pas, alors je ne comprenais pas très bien pourquoi ils m’appelaient comme ça et quand je le leur demandais, ils rigolaient et me répondaient « mais c’est parce qu’on t’aime, Doudoune, et qu’on aime encore plus te faire marcher parce qu’aussitôt tu galopes » et moi je comprenais encore moins du coup parce que je ne voyais pas du tout le rapport entre des poitrines et un cheval-des chevaux qui galopent, et donc alors du coup qu’est-ce qu’ils aimaient le plus au fond : moi ou m’appeler Doudoune ou me faire marcher et même galoper, je ne savais pas du tout alors je me posais encore bien-bien-bien-bien-bien plus de questions dont je ne connaissais pas les réponses mais quand même ils m’avaient dit qu’il m’aimaient, alors tant pis s’ils m’appelaient Doudoune, moi j’aimais bien venir avec eux, mes grands à moi.

Ensuite, quand j’ai grandi, je me suis débrouillée pour me débrouiller chaque fois que j’avais besoin de me débrouiller.
En un mot.

On m’a alors appelée Laureganisation générale.
Enfin, ce sont mes petites sœurs qui m’ont appelée comme ça, quand elles aussi elles ont grandi.
Il devait y avoir du vrai dans l’allusion car il est parfaitement exact que j’étais drôlement bien organisée.
Et je peux vous dire que ça dépotait.
Mais ça, c’était avant.

Et maintenant ?
Oh, maintenant, j’oublie, je mélange, je confonds.
Il faudrait mettre un peu d’ordre dans tout ça.
Ah voilà : Lauredonnée.

 

[Credit image : Pixabay]

2 réflexions sur “Les surnoms que l’on me donne

  1. J’adore ce côté mot valise..
    Lauraganisation et Lauredonnée….

    Pour moi, j’ai Marydiction..
    Maryoïne…
    Mais encore perspigarce, grenadine…
    Et d’autres et d’autres…. j’aime jouer à ça avec un ami.
    Merci pour ce souvenir!

    Aimé par 1 personne

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