Poncho rouge n’est pas cuirasse

Délire saintlazaresque, c’est comme une valse qui tourne et tourne dans ma tête.
Emportée par la foule qui nous traîne et nous entraîne…
Écrasés les uns contre les autres, les corps se poussent et se repoussent, épanouis, enivrés, heureux de rentrer chez eux, éclatant d’un bonheur évident.
Évident, vraiment : sur tous ces visages se lit une liesse proprement délirante.

Et le flot sans effort….
Sans effort ? Train à l’approche, aussitôt le numéro du quai annoncé, à peine affiché, il faut voir comme les gens se précipitent et se ruent et se heurtent.
C’est la cohue – hue donc !

De dégoût souvent soulevée, je m’en lasse et m’envole pourtant, happée dans ce mouvement qui fait masse.
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent, étourdie, désemparée, j’avance, j’avance et ça n’est pas la fête ou c’est moi qui délire, entraînée par la foule qui s’élance et qui danse une folle farandole – pour ça oui, elle est folle, la farandole, et pour ce qui est de ne former qu’un seul corps, je connais des danses plus agréables.

Enfin pourtant tout de même, quoi, je ne suis pas exactement transparente !
Question volume je ne suis pas à moi toute seule la moitié d’une demi-miette et je marche aussi vite que la marée humaine qui m’entoure.
Dans le même sens évidemment, qu’alliez-vous imaginer ? Pas du genre à prendre qui que ce soit à rebrousse-poil, moi.

En plus j’arbore, même pas en première mais avec une classe certaine… ma modestie dût-elle en souffrir, on me l’a déjà dit et même répété, mais oui, mais oui, et c’est une autre histoire, toute mon histoire en fait… bref (j’adore ce mot)… je porte un poncho R.O.U.G.E !
Rouge vif.
C’est visible, le rouge, non ?
Je ne vais pas le faire clignoter non plus, j’ai horreur de tout ce qui est clinquant.

Eh bien il s’en trouve quand même pour me bousculer.
Allez hop, un coup d’épaule, ni vu ni connu mais bien senti, et ça se faufile.

Vas-y donc, dépêche-toi, ducon, fonce te prendre vite-vite-vite une place assise.
Et que le cul t’en cuise… !!

J’teuse d’sorts sous mes airs sages, moi, avec ma cape rouge ?
Ok, je sors.

Non mais je vous jure – pardon, je vous assure – je vis parfois de ces moments, des moments propres à vous faire perdre toute bonne éducation.

Enfin, passons.

D’ailleurs, j’adore l’Alkékenge ou Coqueret, cette espèce de plante du genre Physalis, surtout connue pour son fruit complexe, une baie comestible de couleur orange enfermée dans un calice rouge vif – tenez, tout à fait comme celui de mon poncho, dites donc.

On les appelle aussi amours-en-cage.
Forcément, ils ne peuvent s’envoler.
Mais s’éclairer de mille pensées, oh oui.
Et ils ne s’en privent pas.

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Credit photos : Pixabay

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