Se jouer des coudes levés

Lever le coude est la meilleure façon de ne pas baisser les bras, qu’il disait.
Fou de joie de faire un bon mot.
Un si bon mot.
Et son rire tonitruait.

Elle bien trop tôt les baissa, les bras. 
Ne voulant s’en laisser abreuver, elle choisit de les boire, les coups laids.
Les coups bas, ne sachant les parer sans apparent embarras, elle choisit de les avaler. 
De coups reçus en trop perçus, le dégoût s’empara d’elle, plus vite qu’il n’y parut.
Du coup, coude prestement levé, vers d’autres rives elle dériva lentement.
Elle laissa tout crouler. 
Crouler pour oublier, couler pour se noyer.
Déjouer les coups serrés, les goulées qui dégorgent.
Gorge serrée, en découdre.
En découdre mais bouche cousue.
Cousue de fil blanc sous la dorure des faux-semblants.

Vint le moment où se serrer les coudes ne suffit plus.
Serrer les dents non plus.
Tête haute et si entêtée, elle savait ce qu’elle faisait.
Jouer des coudes pour dépasser l’insidieux, elle n’en était déjà plus là.
Et puis tu parles d’un jeu.


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[Crédit photo : Peinture de Stewart Edmondson, « August Moon »]

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