Trop nombreux sur cette ligne

Trop nombreux sur cette ligne

Tranche de vie…
Il m’arrive « de d’ces » trucs…
L’autre jour le téléphone sonne. Je décroche. C’était une de mes tantes. Elle s’entretenait avec une autre personne et j’en entendais une troisième qui semblait parler toute seule de son côté.
Moi je ne voyais pas trop ce que je venais faire là-dedans ni ce que c’était encore que cette affaire. Du coup j’ai fait exactement ce qu’il ne fallait pas faire.

Au lieu de raccrocher tout simplement, me voilà qui interviens dans la conversation. Je me présente et j’ajoute en rigolant :
— Qu’est-ce que c’est que ce cafouillage ? Qui m’appelle ? Que me veut-on ? Que puis-je faire ?

Silence interloqué…
Ma tante s’écrie :
— Laure ? C’est toi ? Mais enfin qu’est-ce que tu racontes ? Ça n’est pas moi qui t’ai appelée !

Incroyable quand même, vous l’aurez noté : immédiate contradiction, et c’est ma parole qu’on met en doute, c’est moi qui invente !
Ça m’a énervée, mais énervée… Vraiment, ça m’a trèèèèès fortement énervée.

Alors, d’une seule traite et sur un ton glacial, me voilà qui rétorque :
— Bon bah quand t’auras fini ton plan à trois tu me préviendras parce que moi les appels téléphoniques de ce style si c’est pour terminer en partouze c’est pas du tout mon truc.

Textuellement.
Silence stupéfait de toutes les parties prenantes… moi la première. J’étais sidérée de m’être entendue sortir ça qui ne fait pas partie de mes sujets de prédilection, non, pas précisément. C’est toujours très curieux, les associations d’idées qui se créent quand on est énervé.
Bref.

Je raccroche dignement.
Et je pars dans un fou rire d’anthologie.
Quand je suis toute seule aussi, je suis capable de me tenir les côtes à sangloter de rigolade en ayant du mal à reprendre ma respiration.

M’enfin j’étais quand même bien embêtée.
Évidemment. Forcément.
Je savais bien que je n’en avais pas fini.

De fait, ma tante me rappelle et part aussitôt dans les aigus :
— Non mais tu es complètement folle ? M’enfin qu’est-ce qui te prend de dire des choses pareilles ? Tu te rends compte ? J’étais en train de parler avec la dame qui va venir garder mes petits-enfants ! Qu’est-ce qu’elle va penser maintenant, hein, cette dame, je te demande un peu ? Et si elle ne veut plus venir ? Je ferai quoi, moi, hein, je te demande un peu ?

J’ai eu envie de lui répondre, euh, un truc qu’on ne dit pas à sa tante.
Alors j’ai laissé tomber :
— Écoute, fais comme tu veux. Tu n’as qu’à tout me coller sur le dos, je m’en fous complètement.

Et, une nouvelle fois, j’ai raccroché.

Non mais dites donc, faut pas venir me chercher, moi. Surtout quand je suis en rogne. Parce qu’avant cet échange de coups de fil à la con, j’étais d’une humeur charmante, délicieuse même, et du coup, c’est bien malin, je me retrouvais d’une humeur, mais d’une humeur… une humeur de dogue. Oui, je sais, je sais, j’ai un foutu sale caractère.

Ça m’a gonflée, cette histoire, mais d’une force !
La prochaine fois que le téléphone sonne, je ne décroche même pas. Voilà ! Finalement, c’est encore ce qu’il y a de mieux. Les répondeurs, ça n’est pas fait pour les chiens.

 

[Crédits photo : Pixabay]

Une réflexion sur “Trop nombreux sur cette ligne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s