Sursum corda

Sursum corda*

Sombre est la nuit sur la lampe-tempête, le fil se perd et s’empêtre et le plus clair de son temps défile.

Au chevet des mêlées, quand la peine s’en mêle, cœur et cordons serrés, les ficelles s’emmêlent. Pelote d’angoisse crochetée au fil des ans grossie, sanglots et crachotis au fil des mois cachés, et le temps se défile. Et les cordes au cou et les corps amaigris et les chairs qui pendent et le temps qui s’en fout.

Il faut du temps pour tout, renfiler la bobine, faire défiler le film, des idées décousues tirer le maître fil, filer la métaphore et garder tête haute si jamais le bas file.

Donner encore du fil, du bon fil à retordre, pour essorer ses larmes et se tordre de rire. Puis conserver juste le temps voulu, tout à la fin, pour filer en douce les dénouements attendus.

———

* Sursum corda : ni corde ni sursauts, l’expression latine incite les cœurs bénis à s’envoyer en l’air.

[Crédits photo : Laure Chevalier Sommervogel]

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