All things must pass…

All things must pass…

Ces derniers jours j’ai réécouté avec un plaisir indicible la vingtaine de chansons du triple album que George Harrison – mon préféré des Fab Four – sortit en solo en 1970, après la séparation des Beatles.

Y figurent un certain nombre de pépites dont « My Sweet Lord », un titre que j’ai toujours conservé dans ce qu’on n’appelait pas encore des play-lists : des K7 enregistrées puis des CD gravés et, bien plus tard, des fichiers mp3 stockés sur mon ordinateur.

J’ai retrouvé, reconnu, regoûté plusieurs chansons adorées, si souvent et si longtemps écoutées dans les années 70 et puis oubliées avec le temps et d’autres découvertes.

Dès la rentrée 77 je ne vis plus à la maison où le triple album, lui, est resté. Par la suite et c’était déjà au début des années 80, Steph, pas gêné, parce qu’il a une passion pour « My Sweet Lord » (comme si c’était une raison), nous a chouravé en douce le disque 1 lors d’un de ses passages à Lannemartin, laissant vide dans le coffret cartonné gansé de tissu noir à la photo légendaire la première pochette papier au-dessus de celles qui protégent le disque 2 et le disque 3. Ça m’a rendue folle, moi qui suis déjà très soigneuse limite maniaque (demandez à ceux qui me connaissent bien, haha), du genre une place pour chaque chose et chaque chose à sa place comme on dit dans la Marine sinon ça fait désordre et ça risque de s’abîmer en plus on n’embarque pas un disque tout seul c’est quoi ces façons non mais. J’en suis encore indignée. Je ne m’énerve pas, pas du tout, je revis mes souvenirs… nuance !

Une dizaine d’années après, à la faveur d’une visite sur les bords du Léman, j’allais ni vu ni connu mais à bon droit récupérer la précieuse galette à la pomme orange et lui faire rejoindre ses deux soeurs esseulées pour reformer enfin le trio d’origine. Non mais (bis) !

Il faut dire qu’avec Papa j’ai été à bonne école pour ce qui est d’être méticuleux :

— C’est fragile, un disque, les filles, ça se raye comme un rien. Ne collez pas vos doigts dessus et glissez toujours la pochette en papier avec l’ouverture en haut dans la fente latérale de la pochette en carton !

J’en prends donc grand soin – de mon père, oui, des disques aussi. Une galette sans sa pochette me semble de moindre valeur… alors que dire d’une pochette vide !!

Je réalise ici que je me rends coupable de délation, oui, j’en ai pleine et entière conscience. De ce fait je me sens aujourd’hui dans l’obligation morale d’avouer, pour compenser, que j’avais moi-même subtilisé biiiiien des années auparavant, dans la pile des vinyles de mes jeunes oncles et tantes, un disque que j’adoOorais : « The Letter », des Box Tops, 1967. Mais, mon Dieu, tenez compte du fait, je vous prie, que j’étais toute jeune et presque candide dans mon innocence, et puis c’était un 45-tours, pas un 33-tours quand même, et puis la pochette était déjà perdue, et puis… et puis je crois qu’ils ne s’en sont jamais aperçu. Celui-là a toujours été et reste un de mes rocks préférés et j’ai passé le virus à mes fils qui tous les trois révèrent ce morceau… J’espère, ô oui j’espère que, faute avouée, il me sera beaucoup pardonné.

Ensuite, tous les vinyles des parents, et il y en avait une sacrée collection, des classiques en passant par le jazz, beaucoup de musique anglo-américaine, de la variété française aussi, des fiveties au début des eighties, et pour certains d’entre eux des pépites aujourd’hui introuvables en format digital – oui, oui, j’ai au moins un exemple : « Vous qui passez sans me voir », interprété par les Peter Sisters en 1957, une version délicieuse que j’écoutais sur un très vieux disque de Papa qui grésillait (le disque, pas mon digne père !), impossible d’en retrouver sur la toile le moindre enregistrement… – bref, tous les vinyles des parents, c’est moi qui les ai récupérés pour les ajouter aux miens. Puis ce trésor, car c’en était un, a disparu dans des conditions navrantes. Mais c’est une autre histoire, toute mon histoire en fait.

Un titre parmi tous ceux que j’aime tant sur ce triple album de George Harrison, que je vous invite à (re)découvrir d’urgence ?

C’est la première chanson du disque 2, face C, on est précise ou on ne l’est pas, et vous noterez que je le suis ! – mais on le trouve aussi sur n’importe quelle plateforme de musique en ligne : « Beware Of Darkness ». Un autre encore ? « Isn’t it a pity »… Souvent je le note, de musique, les titres ou paroles trouvent en moi un écho-co-co important. Mais là, c’est proprement sidérant.

En revanche le disque 3, « Apple Jam », n’est à mon sens pas audible. Y participent toutefois quelques belles valeurs ajoutées comme Eric Clapton. Mais je laisse aux passionnés de musique le loisir de fouiller pour retrouver les informations correspondantes… et je retourne à l’écoute si émouvante des souvenirs – musicaux entre autres – que ma mémémoire a engrangés là, au doux de mon coeur…

All things must pass ; tout passe, oh oui, tout passe, fors la nostalgie.

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