Démonstrative, moi ? Oh, si peu…

Démonstrative, moi ? Oh, si peu…

Je suis très tactile avec ceux que j’aime.
Démonstrative, même. Je pense qu’on peut tout à fait dire ça.

En revanche, quand je ne connais pas, je détale dès que l’on m’approche.

L’autre jour – enfin, quand je dis l’autre jour, en réalité c’était il y a des années déjà… mais le temps de maman, je ne le vois pas passer – il s’est produit une anecdote amusante avec l’un de mes fils.
Moi, en tout cas, je l’ai trouvée hilarante.
Enfin, quand je dis hilarante, vraiment très drôle, quoi.
Lui un peu moins, j’ai l’impression.
Enfin bon.

Ah, mes fils…
Ils sont grands, maintenant, ce sont des hommes, disons-le tout net.
Ils vivent leur vie et la vivent bien. Enfin, aussi bien que possible (Apparté – Une de mes voix intérieures : « Arrête donc de te reprendre tout le temps, ça pourrait lasser le lecteur. » Une autre de mes voix intérieures : « Mais fiche-lui la paix, voyons, laisse-la écrire à son idée. De toute façon, tu le sais, elle n’en fera jamais qu’à sa tête, et surtout à son cœur… » Ah, elle me connaît bien, celle-la. – Fin de l’apparté.)
Oui, ils font leur vie d’hommes, et je m’en réjouis. « Pourvou qu’ça doure », disait Laetizia, si fière du sien.

Mais pour moi ils sont et resteront toujours mes bébés magnifiques, mes bébés z’adorés, mes bébés dont j’ai tellement aimé m’occuper et voir se développer l’intelligence… Mais c’est une autre histoire, toute leur histoire en fait.
Un mètre quatre-vingt-sept ou huit sous la toise, rien que ça, pour deux de mes trois babies.

Bref. J’en viens à mon anecdote…

Le plus jeune arrive à la maison.
Ravie – je suis toujours ravie quand je vois débarquer mes fils – je lui saute au cou, l’enlace tendrement de mes deux bras et me plante sur l’extrême-extrême pointe des pieds pour l’embrasser de tout mon cœur.

Ah ça oui, j’y mets tout mon cœur !
Je me presse contre, tout contre lui. Il sent tellement bon aussi et puis sa peau est si douce, sous l’oreille, juste là, oui… ah oui, j’en croquerais bien un bout.

Je sais bien, j’en fais trop… Un tout petit peu envahissante, comme maman ?
Mais bon, je suis comme ça et puis voilà.
Madame Toomuch vous salue bien.

Lui écarte les bras et recule, oh, très légèrement.

Et moi, émoi, aussitôt indignée, je m’écrie :

— Mais… ?!?  C’est incroyable, ça, tout de même ! Je ne peux plus t’embrasser ? Et toi tu ne peux plus me serrer dans tes bras ? Pffff, quand même, tu exagères, je suis encore serrable, non ?

Alors lui, dans un éclat de rire un poilichou gêné :

— Rhhoo, Mom, enfin quoi… !

À ce moment-là seulement, je réalise ce que je viens de dire.

Oui, mais voilà : le fait est aussi que nous n’avons pas le même vocabulaire.

C’est une question de génération.

Illustration : Doux rêves – Firmin Baes (Belgique, 1874-1943)

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