Moi qui ne brigue aucun trône

Moi qui ne brigue aucun trône

Ces réflexions me sont venues tout d’abord dans une autre dimension, oui, une dimension autre qui n’a pas souhaité me conserver en son sein ô combien généreux. Puis mes pérégrinations url – url par opposition à irl, in real life – m’ont amenée à observer de drôles de comportements, et à croiser, virtuellement, toujours virtuellement, de curieuses personnes dont j’ai pu me demander comment elles tenaient droit dans leurs bottes sans béquilles.

Il est notamment ici question de groupes Facebook, et de la façon qu’ont certains de les administrer.

Mon tout premier, j’y arrive en mars 2017, à mon sens par hasard, mais sur FB jamais il n’y a de hasard, tout est calculé. À l’époque je ne sais rien de tout cela : je me laisse porter par une suggestion FB.

C’est très nouveau pour moi qui n’échangeais jamais auparavant que sur mon mur ou celui de mes amis FB que tous je connaissais. Alors j’observe. Je repère et j’analyse le style des publications, la teneur des commentaires. L’ambiance paraît sympathique.

Très rapidement, mue par une impulsion dont je m’étonne encore, je me lance. Je ne demande rien à personne et je propose mes textes. Ils ont l’heur de plaire. Très vite, un petit succès d’estime s’installe, un succès qui me porte. Statistiques tombées – oui, c’est un groupe qui tient des statistiques et qui les diffuse –, je suis positionnée « on top », et plusieurs mois de suite cela se reproduit…

Indétrônable, je suis alors qualifiée d’indétrônable par celles qui administrent le groupe. Je ne sens pas que le qualificatif est grinçant, sans doute cela a-t-il commencé à lasser celles qui s’irritent de la popularité des autres, celles qui en prennent ombrage alors même que le soleil brille. Mais oui, le soleil brille pour tout le monde et si certaines estiment que je leur fais de l’ombre pourquoi ne pas faire trois pas de côté ? Voilà qui m’a toujours étonnée.

Indétrônable ? Si vous saviez comme ce terme m’inquiète, moi qui ne brigue aucun trône. Je n’ai pas demandé à régner, je ne sais que papillonner.

Nulle envie d’éblouir et jamais d’éclabousser, mon ingénuité n’est pas une posture et le brouillon de culture que parfois l’on m’attribue n’est qu’une vaste imposture. Je suis pétrie de doutes et le dédain m’atteint, midi et soir et sans espoir, les luttes intestines m’indisposent, les rivalités me navrent, l’hostilité me blesse et le combat m’achève.

Chevalier sans armure au jeu des trônes je ne veux concourir. Je ne suis pas de taille. Sur un royaume virtuel le titre est dérisoire. À ce jeu de rôle-là je n’ai pas postulé, je tenais juste à dessein à faire bonne figure sans pour autant forcer le trait.
Mettre la gomme pour m’effacer ?
Sur la pointe des pieds m’esbigner ?

Le fait est qu’au quotidien sur ce premier groupe je me suis attachée à tous ceux, toutes celles qui me lisent et me soutiennent, et ils sont nombreux.
Sur tous les groupes qui suivront, partout où je suis passée, incitée à le faire j’ai abondamment participé, à commenter je n’ai jamais hésité, très souvent touchée donc inspirée.

Évoluer dans le bon sens et sans contre-sens est un enjeu qui m’importe, peu assurée que je suis…
Investir la place ou rester à la mienne, comment évaluer l’investissement utile et bénéfique à tous ?

Erreur sur les personnes et la donne est faussée. Faute de jugement ou défaut de jugeote, deux sous de soie-disant, deux sous de logique absente, absoute je ne fus et dus sans l’ombre d’un doute et sans dessus dessous à l’exécution passer. Face aux harpies je fus très vite rendue haut et court à ma perte sur un ton si tranchant que tête basse je dus garder, encore heureuse de n’être point décollée. Sur le coup je fus jetée.

Crachats essuyés, surprise, déconvenue et peine évacuées mais pas oubliées, je m’amuse de voir qu’au bout du compte défait, si je fus détrônée, seuls mes genoux finirent couronnés.

Je me suis ramassée, certes, mais vite relevée, en cela aidée par des amis vrais à qui je garde mon entière et totale reconnaissance. J’ai donc sauté le pas et plongé au sein d’eaux exquises pour mieux surfer ensuite sur l’art de la formule, celle qu’on dit consacrée.

Ah ça oui, je ne crois pas être une vilaine fille, moi ; j’ai certainement de temps en temps l’humour un peu maladroit, mais de là à s’en saisir comme prétexte pour me bannir, elles n’y sont pas allées avec le dos de la cuillère. Genre harcèlement à trois, administroigraces administroigarces devenues, très peu pour moi. Procès d’intention, et moi, émoi, je n’ai pas eu celle de me défendre ni de monter au créneau, je ne l’ai pas voulu, pas davantage me bagarrer. Je n’étais pas de taille, en pièces me serais fait tailler. Elles, elles voulaient que je me taille, alors elles se sont dites contraintes, dans ces conditions, de me bannir.

Ces manières de meneuses sont tout droit sorties des cours de récréation. Et ce n’est pas à leur honneur. Elles m’ont fait mal et s’en sont délectées, me retrouvant dans d’autres groupes et cherchant toujours à m’atteindre de leurs réflexions mesquines. Si vraiment je n’importais pas pour elles, elles m’auraient ignorée et tranquille laissée. Que redoutaient-elles de moi ?

Des expériences similaires, comparables, de même acabit, se sont répétées sur d’autres groupes, qui de la même façon m’ont fait souffrir. Je ne vais pas les détailler, ce serait fastidieux et faire trop d’honneur peut-être à ceux qui tiraient les ficelles… Les ressorts sont toujours les mêmes : egos surdimensionnés, jalousies, trafic d’influence, et système exacerbé du deux poids deux mesures.

D’autres interlocutrices se sont révélées tout aussi garces : de fausses amies se sont présentées, qui se sont avérées manipulatrices et opportunistes, des filles désaxées, menteuses et traficoteuses, bien peu intéressantes en réalité. Et des sales types, oh la la, oui, j’en ai rencontré, pas très équilibrés non plus – il est facile et peu édifiant de comprendre où ils veulent en venir. Mais les femmes, j’ai pu en faire la désastreuse expérience, sont retorses et c’est d’autant plus triste à vivre quand j’ai donné ma confiance.

C’est ainsi, souris ouistiti. On parle très souvent du monde cruel de l’entreprise ; là aussi j’aurais beaucoup à en dire, j’y ai croisé des folles furieuses et des traîtres cons-sacrés… Mais le microcosme des réseaux sociaux n’est pas plus reluisant.

Je n’ai pas parlé du ghosting, ce comportement si moche qui consiste à me supprimer brutalement et sans explication aucune de sa liste d’amis, voire à disparaître carrément de la circulation, quitte à reparaître plus tard, sous un nouveau nom…. et sans me réinviter. Ça aussi, c’est très déstabilisant.

Et que dire des personnes qui me retirent de leur liste d’amis sur de faux prétextes et se rient de mes réactions ? Encore une fois, ce sont des manières de cour de récréation, c’est méprisable… mais toxique.

On n’oubliera pas de mentionner l’extrême délicatesse de ceux qui m’envoient une demande d’amis que j’accepte avec plaisir et qui dans l’immédiate foulée me sollicitent pour suivre leur page FB… Ah d’accord, c’était seulement pour ça. Déception.

Voilà pour le négatif.

Et puis, à côté de cela, la rencontre de personnalités formidables, le développement d’amitiés solides, l’apport de tempéraments complémentaires, l’enrichissement d’horizons si variés, l’ouverture sur ce que jamais je n’aurais connu… C’est bien le plus important. Soyez-en ici remerciés, vous qui vous reconnaîtrez.

Ah oui, si certains m’en ont fait baver des ronds de chapeau, je peux l’avouer, le virtuel m’a tellement appris sur les relations humaines que pas un instant je ne regrette les moments difficiles par lesquels je suis passée. Comme en toute situation de vie, ils m’auront appris, permis de mieux me comprendre et de comprendre les autres. En un mot, de progresser.

Illustration : il me fallait bien une princesse sur son trône pour faire contrepoids. Je vous propose l’affiche Princezna Hyacinta, créée en 1911 par Alfons Mucha que j’aime tant. Non, vraiment rien à voir avec moi qui ne brigue aucun trône, et puis d’abord je suis brune et mes cheveux sont déjà abondamment striés de fils d’argent. Mais, voyez-vous, lorsque l’on me fait sciemment des vacheries, je perds en un instant des années et des années de maturité et me retrouve petite fille désarçonnée par l‘incompréhensible duplicité que je n’ai pas vue venir.

Et vous ? Que vous apporte votre activité sur Facebook ? Du négatif peut-être, mais du positif aussi ? Voulez-vous détailler ?

~ Avril 2018, mise à jour mai 2022

2 réflexions sur “Moi qui ne brigue aucun trône

  1. Ah, chère Laure !
    Quels moments difficiles passés ! Mais, apparemment, beaucoup de bons et plus, aussi !
    Ne retenons que les Bons !
    C’est en cela que FB est incontournable ! Tellement de richesse y trouvons nous !
    J’ai adoré ton affiche et ta façon de nous faire part de ton chemin, pas toujours sablonneux et doux …
    Bien à toi !!

    J’aime

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