Fée des castagnepapillons

Fée des castagnepapillons

« Mais, Laure, tu n’es pas une fée… »

Combien de fois l’ai-je entendu répéter et scander sur tous les tons – amusé, désabusé, tendre, complice, agacé, affectueux… et triste, aussi, triste, si triste – par ceux qui, beaucoup mieux que moi, savent ce que je suis.

Fée des fleurs effleurée, fée des peurs apeurée, fée des pleurs éplorée. Et je peux même ajouter fée des affaires : en effet je l’ai fée, aussi effarée qu’affairée, puisqu’il fallait le faire. Mais c’est une autre histoire, toute mon histoire en fée…

Avec le temps, va, tout s’en va et je l’ai bien compris : je n’ai aucun avenir digne de ce nom du côté féerique. Je ne sais rien faire de plus que ce que je fée déjà.

Oui mais… oui mais… Moi, j’aurais pourtant tellement aimé – et pourquoi un conditionnel passé quand ce souhait reste d’actualité ? – j’aimerais tant, d’un claquement de mes doigts bien exercés pouvoir autour de moi chaque contrariété apaiser et toutes les difficultés régler.

En musique et en rythme, vous verriez ça : pour remuer les populations et moi la première, bien mieux qu’une baguette je ferais jouer les castagnettes !
Olé !

Et même olé-olé ! Eh oui, pourquoi pas, après tout ?

Eh non, ce n’est pas ainsi que cela fonctionne dans la vie, tu le sais pourtant. Tu ne peux avoir tout et son contraire. Il faudra t’en faire une raison…

Oui mais… oui mais… Moi, je ne l’ai que depuis peu, l’âge de raison. Et de raisonner et de raisonner pour finir par comprendre que je ne sers pas à grand-chose, au fond.

Allons-allons, qu’est-ce que c’est que ces façons ? Donne le change, voyons. Redresse-toi et tiens-toi droite. Sèche tes larmes. Lève bien haut ta tête. Secoue tes bouclettes. Creuse tes fossettes. Et souris à la vie, ouistiti ! Il te reste fée des papillons.

Oui mais… oui mais… Moi, je l’aime, mon côté olé-olé-allez-hop-youpla-boum.

C’est vrai qu’il te va bien. Alors disons plutôt fée des castagnepapillons.

~ Septembre 2017

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Illustration : Arthur Rackham (1867-1939)

Crédit image : Pixabay

6 réflexions sur “Fée des castagnepapillons

  1. Chère Laure
    Merci infiniment pour la bienfaisance de ton pouvoir d’enchantement par ton inspiration et par sa manifestation littéraire.
    Merci aussi pour nous indiquer, dans chacune de tes publications, le sens d’une découverte ou d’un approfondissement toujours captivant.
    Ainsi, après t’avoir lue, je me suis aventuré dans l’univers des fées un peu plus plus profondément que l’écume des connaissances les plus communes et j’ai découvert que de très respectables érudits tels que Laurence Harf-Lancner, Alfred Maury, Claude Lecouteux ou Pierre Dubois en ont fait l’objet d’études profondes et captivantes, d’ordre historique, psychologique ou elficologique (hé oui, c’est une domaine d’études fort rigoureuses) dont au moins deux aspects m’ont forgé la conviction que TU ES UNE FEE.
    D’une part, tu personnifies bien une force naturelle, celle du plaisir qui rayonne dans tes considérations sur la vie, telles que tu nous en donne un aperçu dans tes écrits, comme dans sa transmission à tes lectrices et lecteurs.
    D’autre part, tu es bien messagère d’un univers surnaturel (au sens de non appréhendable par le rationnalisme) au sein duquel se trouve la nappe phréatique de l’inspiration ; ce milieu subaquatique matriciel des fées, des ondines et des naïades.
    Bien à toi
    Eric

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