– Fais-moi une petite place

Fais-moi une petite place

« Fais-moi une petite place tout contre toi. Oui, pas petite, d’accord. Immense dans ton coeur et conséquente à tes côtés, je sais. Mais arrête de ronfler, je t’en prie. Si, si, tu ronfles, je t’assure. Ça sent si bon, là, juste là, dans le creux de ton cou. Ça va, tu es bien ? Ah, tu dormais déjà ? Alors rendors-toi et dors encore, toi que j’aime, on a le temps. Et pourquoi faut-il que je me pousse, je suis très bien, moi, je te signale ! Bon d’accord, je me pousse. Un peu. Non, je ne prends pas toute la place, c’est toi qui t’étales, nuance. Oui, j’arrête de parler. Je me tais. Je dors. Oui, mon namour. Peut-être. Bientôt. Méfie-toi quand même, toi que j’aime, car le jour où je n’aurai pas grand chose à te raconter et plus rien à te confier… Oui, mon coeur, ça n’est pas demain la veille, tu as raison, ne t’inquiète pas. Oh, je sais bien que tu ne t’inquiètes pas, toi, ça je le sais. Alors dors bien, toi que j’aime. Et ne ronfle pas. Oui, je me tais. Je dors. Oui, toi aussi, du moins tu essaies. Je sais. Je suis bien avec toi et j’aime être avec toi, c’est pour ça que je t’aime, et… Oui, je sais que tu le sais. Mais moi, je le dis. Oui, toi, tu le montres. C’est vrai. Dors, mon namoureux coeur-coeur. »

Ce qui est dit tard dans la nuit reste absolument et parfaitement valable dans la journée, surtout – par exemple et c’est juste un exemple – si nous faisons une sieste.

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J’avais écrit le texte qui précède il y a, oh la la, il y a presque une dizaine d’années. Il reste complètement et parfaitement d’actualité – sauf la sieste…

Eh oui, force m’est d’admettre que nous ne faisons plus de sieste ensemble. Enfin, si rarement. Nos nuits nous suffisent maintenant qu’elles ne sont plus rythmées par des impératifs horaires drastiques.

Et tous les jours ou presque, mon namoureux s’endort assis dans le canapé après avoir pris son café. Il rrrrronfle même la bouche ouverte, je dois à la vérité toute nue de le préciser ! Quand les enfants sont là nous pouffons de rire. Sinon je souris toute seule. Il ne faut jamais louper une occasion de rigoler, ce n’est pas se moquer, ça tient bien davantage de la complicité.

Quant à moi, il m’arrive d’aller faire une paresseuse siestouillette dans notre lit quand je suis un peu crevette. Crevette ou tristounette. Mais oui, ça m’arrive. Par temps gris. Ou quand la peine me point. C’est ainsi. Si je ronfle ? Bah je n’en sais rien – hahaha.

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