La sirène des premiers mercredi du mois
De 1900 à 1914, un canon retentissait tous les jours à midi à la Tour Eiffel pour ajuster l’heure des Parisiens.
Ensuite ce fut remplacé par une sirène. Ainsi, chaque premier mercredi du mois on entend à midi pile une sirène pendant une minute. En tous cas à Paris.
« C’est un essai, pour s’assurer que ça fonctionne bien en cas de catastrophe », me disait-on quand j’étais petite (et à Neuilly on l’entendait super fort).
Et moi, émoi, dois-je ici indiquer que la possible survenue d’une catastrophe non précisée me paraissait terrorisante ? Oui, terrhorrofiante, je ne vois pas d’autre mot.
Par la suite, une amie mieux informée que moi m’a expliqué – mais j’étais déjà une grande personne alors ça n’a pas tellement calmé mes angoisses d’enfance – que c’était surtout pour les bombardements mais aussi pour les attaques chimiques, afin d’inciter la population à descendre aux abris. Aujourd’hui, peu de gens le savent, si la sirène retentit un autre jour que le premier mercredi du mois à 12h00, il faut entrer n’importe où et fermer toutes les portes et fenêtres et rester enfermés.
… Mais…
Oui mais, que se produirait-il si une catastrophe survenait justement un premier mercredi du mois à midi ? Comment saurait-on que c’est une alerte ?
Il paraît que la sonnerie est différente et que ce serait alors à un niveau d’intensité tel que les gens réagiraient.
Bref (j’adore ce mot), je ne trouve pas que ce soit follement rassurant. C’est même oppressant ; je sens monter l’anxiété. Vite-vite, pensons à autre chose, de plaisant, de distrayant…

Je n’ai pas trouvé de photo pour illustrer cette fameuse sirène, en revanche je vous propose celle du canon qui, dès 1900 et jusqu’en 1914, depuis la Tour Eiffel tirait tous les jours un coup retentissant pour marquer midi. On peut dire que ce canon « pétait » à midi pile. Et c’est précisément de là que vient l’expression « Midi pétante ! » : ça ne s’invente pas.