Histoire de guenon…

Histoire de guenon…

Mais qu’est-ce que c’est que ce temps ?
Il pleut et il fait froid en plus, ça ne va pas du tout. C’est vraiment un temps de chien, un temps de…

Et voilà que me revient en mémoire une repartie de mon aîné – il avait six ans, je me le rappelle très bien, j’en étais restée comme deux ronds de flan flageolants, carrément médusée.

Un jour pluvieux comme aujourd’hui, je m’étais exclamée :
— Mais quel temps de gggggueux !

Et lui de poursuivre :
— … ah oui, un temps de guenon mal baisée !

Moi, estomaquée : …

Aaaaaah, je pleure de rigolade à ce souvenir, surtout en pensant à la tête que j’avais certainement faite. Sidérée, scandalisée, le sifflet coupé.

Cette expression si triviale et sexiste – dont j’ai d’ailleurs pour ma part toujours pensé qu’elle s’avère beaucoup plus injurieuse pour l’homme de la femme à qui elle se trouve adressée – où avait-il bien pu l’entendre ? Certes pas à la maison. En classe, probablement. C’est pendant les récréations que les enfants bien élevés apprennent des mots qui ne se disent pas chez eux… pour autant que les adultes de leur entourage surveillent leurs propos.

Oh, sans pousser très loin la réflexion, je sais qui, d’une voix de stentor, était susceptible de qualifier ainsi celle qui l’aurait énervé – sa sœur en l’occurrence. Mais c’est une autre histoire, une triste histoire en fait.

Il faut tout de même le garder à l’esprit : pour certains enfants, remarque vite écoutée aussitôt oubliée, alors que pour d’autres, réflexion à peine entendue à vie retenue…

[Crédit image : Pixabay]