Le coucou kuckeliku
Il faut que je vous raconte…
Hier soir je me suis autorisé une petite sortie entre copines. Il y avait longtemps !
J’ai assuré à mon namoureux que je rentrerais à minuit pile :
— Je te promets, je te promets, je serai de retour à l’heure dite, ai-je insisté.
Les promesses n’engagent jamais que ceux qui y croient, je le sais bien. Mais quand même, quand je donne ma parole, je fais en sorte de la tenir.
Le problème, qui au début n’en était pas du tout un, c’est que la soirée s’est révélée super, mais alors là vraiment-vraiment super. Ça m’a changé les idées. J’en avais besoin, je crois.
Bref.
On a bu des coups, des coupes plutôt, et on a dansé – moi j’adoOore danser, ça m’avait tellement manqué. On a re-bu des coups – moi j’adoOore le champagne, si je ne fais pas de mélange je peux en avaler pas mal, j’ai d’ailleurs la réputation dans ma famille d’avoir une descente que la plupart des gens ont du mal à remonter à pied.
Bref (j’adore ce mot).
Je me suis amusée, en tout bien tout honneur, mais alors là vraiment-vraiment amusée, à un point tel que je n’ai pas vu passer l’heure.
Donc me voilà qui rentre à la maison à trois heures du mat’. J’étais un peu dans mes petits souliers… que d’ailleurs je tenais à la main.
Au moment même où je passe le seuil de l’entrée, le coucou-kuckeliku que nous avait offert pour notre mariage ma grand-tante alchachienne, l’imbécile – je parle de la bestiole – se met à kuckeliker. Trois fois.
J’ai carrément sursauté parce que je ne m’y attendais pas. En principe il est réglé pour ne chanter que le jour, et là, on était quand même en pleine nuit. Je n’ai pas trop eu le temps de réfléchir à cette question de réglage parce que je me suis dit aussitôt que ça n’avait pas manqué de réveillé mon namoureux. Mais j’ai tout de suite trouvé la parade.
J’ai crié « Coucou ! » neuf fois. Pourquoi neuf fois ? Bah, pour que ça fasse les douze coups de minuit – vous suivez ou quoi ?
Il se trouve que je sais hyper bien imiter le cri du coq en mettant mes deux mains en coque – oui, précisément – autour de ma bouche pour faire caisse de résonance. Il faut voir les gens sursauter et chercher partout autour de nous où se trouve le volatile, c’est tordant. Là j’ai fait pareil, mais au lieu de crier « Uh-uh-uuuh ! », j’ai émis neuf « Ckuh-ckuh ! » vachement ressemblants.
Je dois dire que j’étais assez contente de moi : je me suis trouvée super astucieuse. C’est vrai quoi, je n’avais aucune envie de m’engueuler avec mon chéri pour une malheureuse histoire d’horaire.
Je me suis donc faufilée sous les draps, l’esprit à peu près tranquille, en me disant que j’étais tout de même maligne et réactive. Mon namoureux n’a pas moufté, il s’était sûrement rendormi sur ses deux oreilles rassurées.
Ce matin j’ai un peu traîné au lit, mais c’est dans mes habitudes le dimanche. Mon namoureux, lui, se lève souvent avant moi. Il m’apporte toujours un peu plus tard un jus d’oranges fraîchement pressées et un café bien serré – je préfère parce que, pour tout vous dire, quand on est dans son lit, un café allongé c’est un coup à en renverser partout.
L’air détaché, il me demande à quelle heure je suis rentrée et moi, émoi, je lui réponds sans hésiter un quart de seconde que j’ai entendu le coucou chanter douze fois et que ça m’a même étonnée, d’ailleurs.
Je lui dis ça sur le ton le plus sérieux qu’il soit, mais je vois bien qu’il me regarde en rigolant.
Et le voilà qui annonce :
– Tu sais, ma chérie, j’ai bien l’impression que le coucou est détraqué…
Alors je rétorque :
— Ah bon ? Mais qu’est-ce qui te fait dire ça, mon coeur-coeur ?
Il reprend :
— Je t’explique. Cette nuit le coucou a fait « Coucou ! » trois fois. Ensuite il a dit « Merde ! ». Après, il a encore fait « Coucou ! » neuf fois avec une drôle de voix. Ensuite je l’ai entendu pouffer de rire. Il a fait un tour dans la salle de bains, j’ai comme l’impression qu’il a eu du mal à y trouver ce qu’il cherchait parce que tous les tiroirs sont restés ouverts. Dans le couloir il a glissé sur le tapis, il a renversé la petite table et il a juré à nouveau – il a du vocabulaire, ce coucou. Puis il est entré dans notre chambre, il s’est affalé dans le lit à côté de moi, il a lâché un pet sonore avant de s’endormir et de se mettre à ronfler comme un sanglier ! Je crois qu’il va falloir aller voir le véto, qu’en penses-tu ?
Moi, qui n’en menais pas large :
— …
Alors mon namoureux de mari qui est vraiment un amour a éclaté de rire et a ajouté :
— Bon. Et au moins, dis-moi, tu t’es bien amusée ?
*
Il s’agit de l’adaptation toute personnelle d’un texte trouvé sur Facebook sans aucune mention d’auteur ni de largeur – la profondeur c’est à vous de l’évaluer. Et, pour une fois qu’il ne s’agit pas d’une histoire vraie, je la qualifierais éventuellement de… plausible !

📸 Pixabay
J’adore !!!! 🙂
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Ah, oui, j’aurais bien cru que c’était une histoire qui t’était vraiment arrivée…
Surtout à cause du coucou qui a crié 3 fois en pleine nuit !
Complètement déréglé ce coucou là….!!
Et pourquoi vouloir tromper son « amoureux » qui te comprend si bien…?
Bref ! Pour dire que tes histoires valent mieux que toutes les histoires inventées du monde !
En plus, je suis certain que tu n’aurais pas « p…… » en rentrant dans le lit conjugal !!….
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