La tristesse persiste
Treize ans ont passé et pourtant pour tout je perds la notion du temps.
Nos bonheurs familiaux, les soucis et les angoisses aussi, avec elle je ne peux les partager.
La tristesse persiste.
Je donne le change.
C’est tout ce que je sais faire ; plus ou moins bien.
Treize années, cahoteuses, douloureuses, bientôt quatorze en février.
Treize années à ressasser l’indicible, le disséquer, chercher à m’en dissocier.
On m’avait dit patiente, laisse au temps celui de faire son effet censé adoucir les aspérités.
Force m’est de constater que je ne m’habitue pas.
Est-ce insensé ?
Peine insatiable, chagrin constant.
J’ai mis très longtemps, en pensant à elle, en parlant d’elle, à réussir à juguler l’irrépressible montée des larmes, le bouillonnement des sanglots.
Chacun fait son deuil à sa façon, cassante et brusque parfois, moi je n’y arrive pas, nous haïssions la brutalité.
Son absence m’est insupportable même si en permanence en moi et autour de moi je perçois sa présence.
Je sens sa gentillesse, son affection, son attention, son empathie, son énergie.
L’essence même de ce qu’elle était, je le sais, n’a pas disparu.
Elle vit en moi, dans mon coeur et dans mes pensées.
Chaque jour, chaque nuit elle me soutient quand si souvent de perdre pied je crains.
Elle est là, tout près de moi, évidentes fulgurances.
Si souvent j’entends l’écho de son rire, si souvent dans une nuance de bleu je retrouve celle de ses yeux.
À toutes mes pensées je l’associe.
Avec moi elle se désole de mes soucis, avec moi se réjouit du bon qui se produit aussi.
Heureuse dans ma vie, ma soeur m’avait demandé de l’être désormais pour deux, pour compenser ce gâchis affreux qui mit un terme à la sienne.
Je m’y emploie, m’y attache et m’y évertue, mais je ne me console pas du manque.
~•~
28 mai 2013
Plage de la Baleine, Pointe de Trévignon,
Tout à l’heure à 15 heures,
Avec eux en pensée.
Les cendres vont aux vagues en ce lieu tant aimé,
Les souvenirs choisis se lovent au creux du cœur.

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