La connerie émotionnelle

La connerie émotionnelle

Exercice de style…

On m’a demandé :

— C’est quoi pour vous, quelqu’un de con ? 

Alors pour faire court j’ai répondu :

— Pour moi quelqu’un de con croit tout ce qu’on lui raconte, sans même faire l’effort d’une vérification ou d’une remise en question, d’une prise de recul même minime, et qui en plus campe sur ses positions même quand on lui explique gentiment qu’il s’est trompé ; pourtant, reconnaître ses torts ne fait choir personne du piédestal où il s’est perché, c’est plutôt à mon sens une forme d’intelligence.

~•~

L’intelligence, nous y voilà.

L’intelligence serait-elle l’opposé de la connerie ?

On nous explique qu’être intelligent c’est disposer des ressources intellectuelles permettant de trouver pour chaque problème qui se présente une solution pertinente.

Pour moi, l’intelligence, c’est surtout savoir s’adapter aux circonstances, et peut-être même surtout aux circonstances difficiles, quels que soient l’inconfort, la tristesse ou la déception que l’on puisse ressentir.

C’est réussir à s’adapter, oui, à s’adapter tout en conservant son libre arbitre, car si l’on ne s’adapte pas, on meurt.

L’intelligence, c’est aussi faire preuve de curiosité, poser des questions, s’intéresser, essayer de progresser dans sa compréhension et son analyse des situations, des personnes, des interrelations.

L’absence de curiosité est à mon sens mortifère.

Mais attention, il y en a beaucoup que cela dérange fort et qui ne cessent d’essayer de te rabaisser, te rejeter, te maintenir la tête sous l’eau, te griffer et te malmener pour t’empêcher de progresser.

C’est toute mon histoire, beaucoup d’histoires en fait.

Peut-être se sentent-ils menacés par ma curiosité en l’assimilant hâtivement à de l’indiscrétion – ce qui n’est pourtant pas du tout du même ressort –, peut-être aussi sont-ils jaloux, envieux, irrités…

Va savoir…

C’est compliqué.

Tellement compliqué.

Et moi, émoi, il est une chose que j’ai observée, c’est que beaucoup de ceux qui se revendiquent intelligents possèdent malheureusement cette caractéristique : ils manquent un peu d’intelligence du cœur, pour ne pas dire qu’ils frôlent la connerie émotionnelle.

Illustration : François Freissinier

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