Dormir en famille

Un immense lit suffisamment large pour que toute la famille puisse y dormir ?
Sérieusement ?
Je vois passer cette publicité qui me laisse perplexe, amusée, songeuse.
Evidemment l’imagination, parfois débridée, s’envole.
Un lit large assez pour les sept filles de l’Ogre allonger ?
Mais quelle horreur !

T’façon, moi je ne veux pas de toute ma famille dans mon lit.
Ils ronflent tous, merci bien.
Un seul me suffit.

Et puis… et puis ça peut s’avérer gênant, de dormir en famille !
La promiscuité, tout ça.

Anecdote.

Un jour, une nuit plutôt, j’ai dormi chez un de mes fils, tout jeune adulte.
Avec lui.
Dans son lit, je veux dire.
Parce qu’il n’y avait pas moyen de faire autrement.
J’avais dit que ça ne me dérangeait pas et qu’on pouvait très bien s’arranger comme ça, et je le pensais en plus. En général je pense ce que je dis et je dis ce que je pense.

On s’est donc endormi chacun de son côté en laissant dans le lit un grrrrrand espace de décence entre nous.

Au petit matin, je n’entrerai pas dans des détails qu’on ne me demande pas ici, mais il se trouve qu’à un moment le jeune homme se retourne, son pied entre inopinément en contact avec le mien et le voilà qui, du bout de son orteil, commence à me chatouiller la cheville, puis le mollet.
Là, je suis prise d’un fou-rire irrépressible.
Fou-rire qui évidemment le réveille.
Et au moment où il réalise que dans son lit c’est mouah… sa mè-è-reuh !! … gosh !! … il fait un de ces sauts de carpe !!
Ensuite il ne bouge plus du tout.
Silence radio.
On aurait entendu une mouche voler.

Alors, parce qu’il faut bien que quelqu’un dise quelque chose, je me dévoue :

— Oh, écoute, ce n’est pas grave. La prochaine fois on mettra un traversin entre nous, et puis voilà.

Et lui de rétorquer aussitôt, sur un ton, mais un ton carrément bourru :

— Ah bah non, c’est tout vu, Mom, il n’y aura pas de prochaine fois.

Et j’ai réalisé que si, moi, j’avais trouvé l’épisode comique, lui n’était pas ravi, mais alors pas ravi du tout.
En fait, il était super gêné.

Bon, enfin bref.
J’ai bien conscience de ce que ce n’est pas un sujet facile.

Je veux dire qu’une mère voit toujours ses fils comme ses enfants, bien qu’ils grandissent et deviennent des hommes, ma foi, des plus appétissants (ben oui, quoi, je suis capable d’être objective !), alors que les mêmes fils, en grandissant, peuvent porter en certaines circonstances un regard différent sur leur môman.

Et que cela les gêne, je veux bien le comprendre.

[Credit image : Pixabay]