Hyperactivité congénitale ou conjoncturelle ?

Dans le roman que je suis en train de lire… enfin, par petits bouts (note : tiens, j’arrivais encore à lire à cette époque, mais j’ai complètement oublié le titre), je relève la phrase suivante :

« Heureux les gens qui ne manquent pas d’occupations, car alors ils n’ont point de temps à consacrer aux raisons de leur tristesse. »

Triste, moi ? C’te blague…
Concernant le taux d’occupation (des sols), toutefois, c’est inouï comme ça me correspond bien.

 

… en pleine après-midi, des éclairs zèbrent l’horizon, le tonnerre gronde au loin, tout s’assombrit, en un instant l’orage est sur nous !

Bien à l’abri sous la véranda, nous regardons les éléments se déchaîner.
Mais que j’aime cette chanson de la pluie même lorsqu’elle devient vacarme.
Ça tombe dru, un rideau d’eau mouvant cache le fond du jardin.
Devant la porte un pédiluve naturel s’est formé – oulala, j’espère que nous ne serons pas inondés ; de ce côté-là, c’est bon, j’ai déjà donné. Maintes fois.
Mais c’est une autre histoire, toute mon histoire en fait.
Je surveille : la flaque s’élargit, mais l’eau m’a l’air de filer du côté du gravier.
Me voici sur ce point soulagée.

Et voilà : plus d’électricité.
Heureusement ce ne sont pas les bougies qui manquent dans cette jolie maison provençale : nous allons nous concocter une petite soirée romannnntique.
Attention, y’a du coup de foudre dans l’air.
Haha.

 

Totalement épouffarés par les éléments déchaînés, réfugiés dans notre chambrette illuminée par les éclairs et sous la couette étroitement enlacés, électrocutés fort heureusement ce soir-là nous ne finîmes point.

En revanche le lendemain matin, objet inanimé certainement mal nommé, la machine à laver rendit son âme au diable dans une ébullition mousseuse assortie d’imprécations baveuses – en plein cycle de lavage évidemment, qu’à la main il fallut terminer.

Avez-vous remarqué cette double malédiction ? hélas, hélas, nulle machine ne calanche jamais tout à la fin de l’essorage… !

Et me voici, moi qui vous parle, en vacances et en maillot de bain, à passer mon après-midi à râler tout en essayant de faire redémarrer cette saleté de lave-linge enrayé (saloperie, quand ça veut pas, ça veut pas).
Et à transpirer d’exaspération.

J’ai toujours aimé joindre l’utile à l’agréable.
Alors, tant qu’à y passer l’après-midi, je le passe… à fond.

Méga coup d’aspirateur, toiles d’araignées comprises sous les meubles et partout où ça ne se voit pas.
Oui mais voilà, moi je ne vois que ça.
D’ailleurs ça finit par devenir une obsession, ces traces de doigts ici et là, je ne suuuuupporte pas. Allez, hop-hop-hop.
Puis grand lavage du sol qui ne m’a rien fait mais qui en avait rudement besoin – que c’est joli aussi quand les tomettes reprennent leur belles couleurs contrastées.

Bon, je le confesse, je n’ai pas nettoyé dans le détail l’entièreté de cette maison qui nous accueille pour quelques jours, il ne faut pas exagérer non plus et d’ailleurs ça n’est pas mon genre.
Oui, d’exagérer, pas de nettoyer – vous suivez ou quoi ?
Je me suis contentée, contentée, voilà, c’est le mot, je me suis contentée, disé-je, de m’attaquer à ce qui me paraissait incontournable, encore que l’on m’objectera que rien ne m’y obligeait… no further comment, please.

C’est mon histoire, toute mon histoire en fait car c’est à cela – entre autres – que je réalise à quel point je ressemble à ma chère mère…
Hyperactivité congénitale ou conjoncturelle ?!?
Les deux, mon capitaine !

Ah, ces traits de caractère qu’on retrouve d’une génération à l’autre, ça nous relie, n’est-ce pas ? C’est inouï, tout de même, à la limite effrayant, de ne pouvoir s’empêcher de faire ce qu’on n’est nullement tenu(e) d’accomplir.

Car il y a bien sûr cette notion d’accomplissement.
D’acharnement aussi.
L’acharnement, ça va avec la détermination, non ?
Sans même parler de perfectionnisme (là, je détiens la palme, je crois), cette délicieuse satisfaction du résultat obtenu justifie tous les efforts fournis.

Et c’est en cela que c’est positif, non ?

Et moi maintenant ?
Bah, moi, je suis claquée.
J’suis claquée mais contente.

Juillet 2014

 

 

[Credit image : Pixabay]

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